Les femmes, premières victimes de la crise sanitaire

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« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » – Simone de Beauvoir

La pandémie et les mesures sanitaires qui y sont associées ont engendré des conséquences disproportionnées sur la santé et la qualité de vie des femmes.

La COVID-19 a aussi eu pour effet d’accroître les inégalités existantes entre les hommes et les femmes, au point où il y a lieu de craindre un recul de l’égalité entre les genres. C’est le constat du rapport Inégalités de genre – Impact de la pandémie de COVID-19 sur la santé et la qualité de vie des femmes au Québec rendu public en décembre par l’Association pour la santé publique du Québec et l’Observatoire québécois des inégalités.

Les femmes sont surreprésentées en ce qui concerne tant les cas d’infection (56 %) que les décès (55 %) au Québec. Cela s’explique notamment par le fait que les femmes se retrouvent souvent en première ligne, étant plus présentes dans plusieurs services essentiels en contact direct avec le public, notamment dans le secteur de la santé. Notons que le risque de contracter la maladie est évalué comme étant dix fois plus élevé chez le personnel de la santé comparativement à la population en général.

De plus, les femmes sont surreprésentées dans le secteur des services qui a été principalement touché par des pertes d’emplois. Pensons à la restauration, à l’hébergement et au commerce de détail.

Les femmes sont également surreprésentées dans les pertes d’emplois, même au sein de ces industries. Par exemple, elles représentent 62 % des pertes d’emplois dans le secteur des services, de l’hébergement et de la restauration, alors qu’elles constituent 55 % de la main-d’œuvre du secteur. L’explication se trouverait ainsi plutôt du côté de la prépondérance des femmes dans des emplois à temps partiel, qui ont été les premiers emplois supprimés, et du partage inégal des tâches domestiques.

En effet, dans les cas où les deux parents occupent des emplois rémunérés, ce sont plus souvent les femmes qui sont restées à la maison pour s’occuper des enfants. De plus, le sondage rapporte le caractère inégal de cet impact de la crise sur l’emploi, puisque les femmes appartenant à une minorité visible, les étudiantes et les communautés lesbiennes ont été particulièrement touchées par les pertes d’emplois.

La pandémie a grandement affecté la qualité de vie des femmes

La conciliation travail-vie personnelle est considérée comme « difficile », particulièrement pour les femmes de 35 à 54 ans (39 %). Le télétravail combiné à l’éducation des enfants est considéré comme épuisant par plus de 70 % des jeunes femmes (18 à 34 ans) et des mères d’enfants de moins de 13 ans.

Aussi, 44 % des femmes trouvent plus lourd d’arriver à jongler avec toutes leurs responsabilités depuis la pandémie. L’état de santé psychologique des femmes québécoises est également inquiétant; 17 % des femmes affirment avoir ressenti des symptômes de déprime ou d’anxiété depuis le début de la pandémie et cette proportion grimpe à 44 % chez les femmes qui sont en contact avec le public dans le cadre de leur travail.

Largement documentée dans les médias, la pandémie a aussi aggravé la situation des femmes victimes de violence conjugale : 29 % des répondantes victimes de sexisme, de brutalité ou de violence sexuelle ont témoigné d’une augmentation de la fréquence des agressions depuis la pandémie.

Ce rapport sonne l’alarme, les effets de la pandémie se sont fait sentir beaucoup plus fortement chez les femmes. Stress, santé psychologique, charge de travail, violence, perte d’emploi, situation financière, conciliation travail-vie personnelle, obligations familiales : aucune sphère de la vie n’a été épargnée.

La FTQ est la centrale syndicale qui représente le plus grand nombre de femmes au Québec. Selon la FTQ, toutes les actions de la centrale ont pour but de maintenir la pression pour freiner l’accroissement des inégalités. En ce sens, la FTQ partage l’analyse qui se dégage du rapport et désire interpeller le gouvernement sur l’importance de procéder à une hausse rapide du salaire minimum à 15 $ l’heure, à la bonification des programmes de réduction des inégalités et à l’amélioration de l’offre de services publics partout au Québec.

1 COMMENTAIRE

  1. Avec les années le pouvoir d’achat du 15$ a faiblit, il faudrait ajuster à l’inflation et l’augmentation de la richesse.

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