Les dernières fois…

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Archive FTQ. Photo Eric Demers

Comme vous le savez, je quitterai la présidence de la FTQ à la fin du prochain Congrès de cette belle et grande centrale syndicale. Je tenais à vous écrire ces quelques lignes pour vous témoigner comment vous, les militantes, les militants, vous, les travailleuses et travailleurs, avez enrichi ma vie.

Loin de moi l’intention de faire un bilan des douze années que j’ai passées à la direction de la FTQ. D’autres seront probablement plus objectifs que moi pour le faire. Je veux toutefois témoigner de la grande fierté que j’ai ressentie tout au long de mes mandats. La source principale de cette fierté fut la solidarité.

Tout au long de ma vie syndicale, ce qui m’a animé c’est la lutte pour une société plus juste, plus égalitaire, plus verte. Est-ce qu’on y arrivera un jour? C’est notre devoir d’y croire encore et toujours et pour y arriver, nous devrons plus que jamais être solidaires. Je crois franchement que nous en sommes plus près qu’il y a dix ans, qu’il y a vingt ans ou qu’il y a cinquante ans. Nous devons continuer la lutte pour nous en approcher davantage.

Je crois sincèrement que nous avançons, mais ne soyons pas trop passifs en pensant que ça se fera tout seul. Nous devons rester vigilants, mobilisés et solidaires puisque ces avancées sont si fragiles. On l’a vu avec la pandémie et on le voit actuellement avec la situation économique difficile. Difficile pour qui? Difficile pour les personnes moins nanties de notre société.

Je demeure optimiste pour nos luttes actuelles et futures.

Optimiste parce que j’ai confiance que les femmes, plus déterminées que jamais à faire exploser ce plafond de verre, continueront leurs luttes jusqu’à ce qu’elles atteignent la pleine égalité.

Optimiste parce que je vois les jeunes militer avec conviction et fougue pour des valeurs que nous partageons. Parfois, ils nous bousculent, ils pensent différemment, mais ne les arrêtons pas parce que c’est probablement eux et elles qui ont raison.

Je vis actuellement plusieurs dernières fois. Vos témoignages à mon égard me touchent profondément, mais sachez que même si ce travail est très exigeant, il est aussi très motivant, gratifiant et enrichissant. Vous aviez besoin d’un président qui prend la défense des travailleuses et travailleuses, je pense que vous l’avez eu. Je vous ai offert une grande partie de ma vie, mais vous avez fait bien plus pour moi. Vous m’avez permis de relever de nombreux défis parce que vous avez été solidaires, mais surtout, j’ai senti tout au long de ces années, votre confiance.

Je n’ai jamais eu l’ambition d’occuper le poste de président de la FTQ. Je ne me sens pas imposteur, mais je suis toujours Daniel Boyer, le ti-cul de Verdun, un leader de la gang de la rue Melrose. Je suis toujours Daniel Boyer, oui syndicaliste, mais aussi amoureux, père, grand-père, ami, souverainiste et toujours animé de ce grand sentiment de solidarité.

Je suis le septième président de la FTQ et je suis, encore aujourd’hui, aussi impressionné par ceux qui m’ont précédé que je l’étais quand j’ai commencé à militer. Moi, président de la plus grande centrale syndicale au Québec. Moi qui représente 600 000 travailleuses et travailleurs. Je n’ai jamais espéré occuper ce poste et je n’ai jamais espéré occuper un autre poste que celui-là.

J’ai confiance. J’ai confiance en l’avenir de la FTQ. J’ai confiance parce que je vois des femmes et des jeunes prendre de plus en plus de place dans notre belle et grande FTQ. J’ai confiance parce que nous avons le courage de nous remettre en question pour être plus pertinents, plus solidaires, et ce, dans le but d’améliorer les conditions de travail et les conditions de vie des travailleuses et des travailleurs, mais aussi de l’ensemble des Québécoises et Québécois.

Solidaire pour toujours.

Daniel Boyer

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