Priorités de la FTQ pour 2021: le projet de loi no59 met en péril la santé et la sécurité

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Pandémie oblige, la FTQ a présenté ses priorités pour 2021 de façon virtuelle lors de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année. D’entrée de jeu, la FTQ a souligné l’impact terrible de la pandémie. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) retient de l’année 2020 l’impact terrible de la pandémie sur les travailleuses et travailleurs, les emplois, les entreprises et l’économie. « C’est surtout aux victimes et à leurs familles que nous pensons en cette période difficile. La lutte contre la pandémie, qui est loin d’être terminée, démontre clairement l’importance d’avoir des services publics forts qui doivent être préservés et surtout consolidés. En 2021, de grands défis nous attendent et cela ne peut se faire en vase clos », ont déclaré le président et le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer et Denis Bolduc.

Le réseau de la santé à risque faible?

Pour la FTQ, le gros dossier de la rentrée sera assurément le projet de loi no 59 sur la santé et la sécurité. Le projet de loi vise à réformer le régime de santé et sécurité. La dernière grande réforme date de plus de 40 ans. « Ce projet de loi est loin de répondre aux besoins des travailleurs et travailleuses. Par exemple, comment justifier qu’une usine d’explosifs ou que le milieu de la santé soient classés à faible risque en matière de santé et sécurité ? Poser la question c’est y répondre. La FTQ, qui déposera un mémoire en commission parlementaire le 20 janvier prochain, fera campagne au cours des prochaines semaines auprès des députés, particulièrement ceux et celles de la CAQ, afin de leur faire comprendre que la population qu’ils représentent, les travailleuses et travailleurs, a besoin d’être protégée et non abandonnée », indique le président, Daniel Boyer.

Pour la FTQ, il est important de souligner que les secteurs qui seront identifiés comme à risque faible sont des secteurs avec une majorité de femmes. « Pour nous, c’est clair que c’est de la discrimination. Que le secteur de la santé soit considéré à risque faible, ça veut tout dire », ajout Daniel Boyer.

Les services publics en crise

La pandémie a occasionné de grandes pressions sur les services publics et ses travailleurs et travailleuses. Rappelons aux lecteurs et lectrices que les négociations traînent de la patte depuis plus d’un an. « Plus que jamais, il est urgent de conclure les négociations dans le secteur public. Le personnel de la santé, des services sociaux et de l’éducation est épuisé. Pourtant nous avons déposé des demandes réalistes et acceptables pour améliorer les conditions d’exercice d’emploi, de rétention et d’attraction du personnel ainsi que la rémunération. Déçues par la lenteur des négociations, nos organisations sont à préparer un plan d’action et de mobilisation à soumettre aux membres afin de faire comprendre au gouvernement l’urgence de la situation », a ajouté le président de la FTQ.

Les 192 000 travailleurs et travailleuses de la construction seront également en négociation en 2021. Les conventions collectives dans l’industrie de la construction arrivent à échéance le 30 avril.

Des dossiers qui trainent

Dans les secteurs de l’aéronautique et de l’hôtellerie, l’aide pour soutenir l’industrie se fait toujours attendre. « L’aérospatiale, le transport aérien, l’industrie touristique, qui comprend la restauration et l’hébergement dont hôtellerie, ainsi que la culture sont toujours en attente d’une aide concrète et substantielle. Ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu », a mentionné le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.