Le réseau des délégués sociaux et des déléguées sociales des Laurentides et de Lanaudière en action durant la crise.

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La crise sanitaire qui nous affecte depuis le printemps est d’une ampleur sans précédent et ses effets sur nos vies professionnelles sont parfois extrêmes. Le réseau des délégués sociaux et déléguées sociales (DS) de la région des Laurentides et de Lanaudière a été au premier rang pour le constater. Pour nous en faire part, quatre délégués ont accepté de partager avec nous la façon dont ils ont vécu la situation avec leurs consœurs et confrères.

Benoit Bourassa
Julie Tassé
Céline Picard
Richard Vincent

Les quatre font le constat que la pandémie a eu des effets importants sur le niveau de stress et d’anxiété vécu par les membres, bien qu’ils s’expriment de façons différentes chez chacun. D’ailleurs, une étude réalisée par l’Université Laval et rendue publique cet été révélait que près de la moitié des travailleuses et travailleurs québécois ont dit souffrir de détresse psychologique depuis le début de la pandémie.

Le stress du confinement

Le mois de mars fut, selon nos quatre délégués, la période des incertitudes et des interrogations. « Les membres ont vécu cette étape de la crise avec beaucoup d’anxiété. Y aura-t-il des mises à pied? Comment organiser la vie familiale ? L’argent viendra-t-il à manquer ? Autant de questions soulevées par les membres » souligne Benoît Bourassa de l’AIMTA-712.

Pour certains, ce sont les nouvelles réalités organisationnelles qui auront été source de stress. « Le télétravail était une nouveauté à laquelle les membres devaient s’habituer et c’est une source d’anxiété continuelle que de chercher à demeurer productif dans ces nouvelles conditions », relate Céline Picard du SCFP-1017.

De son côté, Julie Tassé du SCFP-5222 se rappelle aussi comment les collègues exprimaient de l’inquiétude face à la conciliation travail-famille dans un contexte où les services n’étaient plus fournis à la même hauteur. « Devoir demeurer actif professionnellement tout en s’occupant des enfants qui n’ont pas d’école, tout un défi ».

Une crise qui s’étire

Avec la prolongation du confinement dans les mois suivants, c’est l’isolement qui génère le plus de dépression et de tension chez les membres. Richard Vincent d’Unifor-728 raconte « que pour certains membres, il a fallu préparer des paniers alimentaires pour les aider à passer au travers. Pas besoin de dire que, pour eux, c’est une source de stress importante ».

Céline se souvient qu’au moment où les membres se familiarisaient avec le télétravail, ce sont les gestionnaires « qui se sont mis à faire de la microgestion et à vouloir savoir comment le temps de travail était utilisé, ce qui générait une nouvelle forme de stress ».

Cette situation d’isolement a fait également en sorte que les personnes aux prises avec des problèmes de dépendance ou de toxicomanie avaient besoin de plus de suivi de la part des collègues DS afin de ne pas retomber. « Il fallait s’assurer que nos collègues chez les AA gardent la motivation », raconte Richard.

Julie a également fait le constat que la crise a engendré une détresse psychologique qui s’est traduite par une augmentation de la tension au niveau des ménages. « La crise ajoute un niveau de complexité dans les relations et cela engendre parfois des tensions dans le couple, voire de la violence conjugale. »

Le retour au travail

Le retour au travail apporte lui aussi son lot d’anxiété. « Les membres, au retour des mises à pied, découvraient de nouvelles conditions de travail, ce qui chez certains générait de l’anxiété » relate Benoît.

Richard rappelle que l’équipe de DS dans son usine a joué un grand rôle pour informer les membres et les soutenir dans cette étape. « On expliquait les mesures sanitaires et l’importance de les respecter ».

Des côtés positifs à la crise

Pour certains, cette crise aura eu des côtés positifs. Des collègues de Céline lui ont fait part de l’amélioration de leur qualité de vie. « Plus de temps en famille, moins de lunchs et de déplacements et une possibilité de développer de nouvelles compétences professionnelles, ce qui améliore l’estime de soi ! ».

Des constats importants

Les quatre délégués sociaux sont unanimes pour dire que la bonne communication avec les exécutifs locaux et les comités paritaires de santé et sécurité du travail ont grandement aidé à passer à travers cette crise. Un bon niveau de préparation est également essentiel pour réagir rapidement lors de l’avènement d’une telle crise. Évidemment, le travail de la coordonnatrice du réseau des DS de la région, Carole-Agnès Desabrais a aussi été souligné. Sa grande implication et sa disponibilité ont été soulignées avec cœur.

Merci à tous les DS du réseau pour leur travail essentiel pendant la crise de la COVID-19.

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