Aucun accommodement pour la conciliation travail-vie personnelle pour une majorité de Québécoises

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Pour plusieurs, le confinement vécu au printemps dernier a été synonyme de casse-tête en matière de conciliation travail-vie personnelle. Les nouvelles restrictions de l’automne n’ont rien pour aider non plus. Une importante augmentation du travail invisible des femmes faisant de la proche aidance a été constatée. Cette augmentation s’explique par une quantité de facteurs : l’école à la maison, le nombre réduit de places en garderie, la rupture des réseaux d’entraide comme la famille et les amis, les soins ralentis et même parfois absents pour les enfants en bas âge, pour les personnes âgées et celles vivant avec un handicap, etc. Bon nombre de ces responsabilités et de ces soins ont été ajoutés sur le dos de travailleuses déjà à bout de souffle. 

Le 15 mai dernier, la Coalition pour la conciliation famille-travail-études (CCFTE), dont la FTQ est membre, a dévoilé les résultats de son questionnaire réalisé entre le 14 et le 23 avril 2020. Plus de 600 personnes provenant d’un peu partout à travers la province ont exprimé leurs préoccupations et leurs défis en matière de conciliation en période de pandémie. Selon les personnes répondantes, «plus du tiers d’entre elles n’ont pas bénéficié d’accommodements afin de concilier le travail, la famille, les études et la proche aidance. Sans mesures structurantes offertes par l’employeur, ces dernières ont dû réorganiser complètement leur structure familiale à l’aide de mesures individuelles», a expliqué la porte-parole de la CCFTE, Sylvie Lévesque. 

Les femmes au front

Le comité de la condition féminine de la FTQ a questionné 419 femmes entre le 1er et le 31 juillet 2020 sur les mesures d’accommodement pour favoriser la conciliation travail-vie personnelle offertes par les employeurs depuis le début de la pandémie. Les répondantes des différents syndicats affiliés ont mentionné que 64,2% d’entre elles ont dû s’occuper d’un proche durant la crise. Elles ont aussi mentionné que la conciliation travail-vie personnelle était à géométrie variable d’un milieu de travail à l’autre. Le questionnaire révèle que les mesures d’accommodement les plus populaires offertes sont la souplesse dans les horaires de travail (35,4%), l’accès à du mobilier ergonomique pour travailler à la maison (12,2%), la souplesse dans les livrables demandés (11,4%) et l’allègement du temps de travail sans pénalité financière (10,9%). Dans 17,2% des cas, les employeurs n’ont proposé aucune mesure pour harmoniser les responsabilités professionnelles et familiales. 

Se donner les moyens de la conciliation

Ces données révèlent que la conciliation travail-vie personnelle ne doit pas reposer uniquement sur les épaules des individus. La pandémie a montré que les employeurs doivent aussi mettre la main à la pâte en permettant davantage de souplesse dans l’organisation du travail. C’est du moins les conclusions de la FTQ qui revendique une loi-cadre sur la conciliation travail-vie personnelle pour contraindre les employeurs à s’engager dans une démarche avec les personnes employées afin de déterminer les mesures à mettre en place pour une réelle conciliation. 

La FTQ croit qu’il faut collectivement se donner les moyens d’une meilleure conciliation travail-vie personnelle. Selon la centrale, toutes les parties seront gagnantes. Toujours selon la FTQ, les employeurs y trouveront leur compte, car la conciliation demeure toujours moins coûteuse que les frais rattachés au remplacement d’une employée ou d’un employé et c’est sans parler des avantages évidents pour les personnes en emploi et, plus largement, pour notre collectivité.

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