Coup d’envoi des négociations dans la construction

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Crédit photo Eric Demers

Les associations syndicales et patronales ont déposé aujourd’hui les cahiers de demandes pour le renouvellement des quatre conventions collectives de la construction qui viendront à échéance le 30 avril 2021.

Les négociations de la construction touchent plus de 192 000 travailleuses et travailleurs et un peu plus de 25 000 employeurs. Le processus de négociation est encadré par la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction (Loi R‐20).

L’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq associations syndicales de l’industrie de la construction, a rassemblé les revendications des travailleuses et des travailleurs en six grands enjeux : rémunération et pouvoir d’achat; pérennité des régimes d’assurance et de retraite; hygiène, santé et sécurité en chantier; réussite des femmes dans l’industrie; famille et qualité de vie et application des conventions collectives.

Les négociations se feront sur les thèmes de la rareté de main-d’œuvre, la mobilité de la main-d’œuvre et la précarité dans l’industrie. Comme dans toutes les autres industries, le régime d’assurance collective de la construction sera au cœur des demandes monétaires.

Jamais deux sans trois?

Tout au long de l’année, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a fait savoir aux parties syndicales et patronales qu’il souhaitait une première convention en 12 ans qui ne se termine pas par une loi spéciale.

« Si on veut être plus attractif, il faut améliorer notre image. Et la perception dans le public, c’est que ce n’est pas un domaine facile, qu’il y a beaucoup de chaos, qu’il y a beaucoup de tension, que ça ne négocie pas bien et qu’à chaque fois qu’il y a une négociation pour un renouvellement de conventions collectives, ça finit par un conflit de travail. Je les ai incités fortement à travailler à modifier cette perception-là », a ajouté M. Boulet.

Les parties ont jusqu’au 30 avril pour adopter les nouvelles conventions collectives. Étant donné que les travailleurs et travailleuses de la construction n’ont pas le droit à la rétroactivité, tout délai dans le règlement des négociations entraine une perte salariale. Lors des deux derniers renouvellements de conventions collectives, les syndicats ont dû avoir recours à la grève qui s’est soldée par l’adoption de lois spéciales.