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La FTQ dit au revoir à Fernand Daoust

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C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le 23 janvier 2020 le décès à l’âge de 93 ans d’un grand leader syndical et d’un homme profondément attachant qui a dédié sa vie à faire du Québec une société moderne, plus juste et plus démocratique, et de la FTQ la grande centrale qu’elle est devenue aujourd’hui. « Fervent nationaliste, son impressionnante carrière a été marquée par son amour du Québec, des travailleurs et des travailleuses, et aussi par la défense de la langue française et du français comme langue de travail. À toute sa famille, ses enfants Josée et Isabelle, et ses amis, nous offrons nos plus sincères condoléances. C’est aussi toute la grande famille de la FTQ qui est en deuil aujourd’hui », déclare le président de la FTQ Daniel Boyer.

Fernand Daoust a occupé le poste de secrétaire général de la FTQ de 1969 à 1991, puis de président de 1991 à 1993. Issu d’une famille monoparentale d’un quartier ouvrier et élevé par sa mère, qui travaille dans un atelier de couture, le jeune Fernand est un étudiant doué qui travaille dur pour payer ses études, allant de petits boulots de livreur de restaurant, à moniteur ou commis d’entrepôt. Il fait ses études en sciences économiques et en relations industrielles avant de s’engager, dans les années 1950, dans le mouvement syndical. Il participe à la fondation de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), née de la fusion de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ) et de la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ) en 1957 à Québec. Il fait sa marque à la FTQ dès 1960 à la présidence du comité d’éducation et de l’organisation, et en 1964 au titre de vice-président de la FTQ. Il devient aussi le premier secrétaire général du Fonds de solidarité FTQ en 1983, et président du Fonds de 1993 à 1996. Toujours en 1993, Fernand Daoust négocie et obtient auprès du Congrès du travail du Canada (CTC) une autonomie politique et un statut particulier pour la FTQ, dont l’exclusivité des interventions syndicales au Québec et son droit à la représentation internationale, entente qualifiée à l’époque de souveraineté-association.

« C’est une page importante de l’histoire du Québec et du mouvement syndical qui se tourne avec le départ de Monsieur Daoust. Il fut une inspiration pour plusieurs générations de militants et militantes non seulement syndicaux, mais aussi souverainistes. Il a été de tous les combats du Québec moderne, que ce soit le lockout du quotidien La Presse (1971), le front commun intersyndical de 1972, la grève de la United Aircraft (1974), pour ne nommer que ceux-là », ajoute le secrétaire général Denis Bolduc.

La fin des années 1960 et le début des années 1970 sont également marqués par la crise linguistique de Saint-Léonard, des manifestations pour une université McGill en français et par l’adoption du « Bill 63 » qui donne le droit aux parents de choisir la langue d’enseignement de leurs enfants. En réaction et sous l’influence de Fernand Daoust, le 11e Congrès de la FTQ adopte la première politique linguistique de son histoire en 1969.

Fernand Daoust est aussi membre du premier conseil d’administration de l’Office de la langue française en 1977, et reçoit de nombreux honneurs dont l’Ordre des francophones d’Amérique (1994), Patriote de l’année (1998) et Chevalier de l’Ordre national du Québec (2001).

Louis Laberge, président de la FTQ de 1964 à 1991, et Fernand Daoust, travaillant en tandem pendant plus de 20 ans, ont littéralement construit la FTQ que l’on connait aujourd’hui pour faire de la centrale un acteur social et politique incontournable de la société québécoise.