L’aluminium québécois laissé pour compte

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Conférence de presse sur l’avenir de l’aluminium au Québec, 19 décembre 2019. Photo: Métallos

Le nouvel accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) signé en novembre 2018 et approuvé par le Congrès américain le 16 janvier dernier laisse sur le carreau le secteur de l’aluminium québécois.

Cet accord a mené à une levée de boucliers de la part des syndiqués de l’aluminium. En effet, entre la version 2.0 conclue en novembre 2018 et la version 2.1 de décembre dernier, les signataires de l’accord de libre-échange ont choisi de préciser les dispositions sur les règles d’origine dans l’industrie automobile pour que l’on considère comme de l’acier « nord-américain » seulement le métal fondu et coulé sur le territoire. Or, une telle définition n’a pas été incluse pour ce qui est de l’aluminium, permettant ainsi que des pièces faites avec de l’aluminium étranger puissent être considérées comme nord-américaines. C’est principalement l’industrie de l’aluminium québécoise qui est affectée par cette brèche béante.

Dans une sortie démontrant un fort consensus régional, voire sectoriel, des syndiqués de l’aluminium membres du Syndicat des Métallos, d’Unifor et du Syndicat canadien de la fonction publique, ainsi que d’autres intervenants socioéconomiques, ont manifesté leur inquiétude. Ces derniers exigent des mesures concrètes du gouvernement fédéral pour protéger l’aluminium québécois et assurer l’avenir de ces bons emplois au Québec. 

 « Considérer qu’une pièce fabriquée en Amérique du Nord avec de l’aluminium étranger remplit les exigences de contenu nord-américain, c’est se moquer de nous ! Nous ne comprenons pas pourquoi ce qui était valable pour l’acier ne l’a pas été pour l’aluminium », ont déploré en cœur les représentants des syndiqués de l’aluminium des trois syndicats affiliés à la FTQ.

Refuser une mort lente !

Les syndiqués pressent le gouvernement de mettre en œuvre des mesures vigoureuses pour soutenir l’industrie québécoise. « Ça prend des investissements pour que nos usines demeurent compétitives, à la fine pointe », fait valoir Alain Gagnon, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, section locale 1937 d’Unifor.

Rappelons que Rio Tinto a mis en veilleuse au cours des derniers mois ses projets de modernisation et d’expansion au Saguenay – Lac-Saint-Jean. « Le gouvernement fédéral doit montrer avec des gestes concrets qu’il n’abandonne pas l’aluminium québécois et qu’il est prêt à se mobiliser pour son avenir », souligne le président de la section locale 9700 des Métallos, Sylvain Maltais. Rappelons que le gouvernement du Canada a collecté plus de 1,2 milliard de dollars en tarifs lors du litige sur l’acier et l’aluminium avec les États-Unis. Ces fonds peuvent servir d’impulsion, croient les syndiqués de l’aluminium.