Un budget du Québec aux saveurs de fin de pandémie

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Hôtel du Parlement à Québec

Le budget 2021 du gouvernement du Québec a laissé certains sur leur faim et d’autres ont pu pousser un soupir de soulagement. Le retour à l’équilibre budgétaire est reporté de deux ans et le retour à l’austérité, redouté par plusieurs, ne sera pas pour tout de suite. Devant l’incertitude des mois à venir et la perspective d’une troisième vague avant la protection que pourra offrir la campagne de vaccination, le gouvernement semble avoir choisi la prudence. Ce budget aux saveurs de fin de pandémie semble se mettre volontairement en attente d’une relance à venir qui coïnciderait avec la prochaine élection.  

La transition juste pour plus tard, le Fonds des générations pour maintenant 

Les critiques principales du budget sont à l’égard du peu de nouvelles dépenses structurantes en environnement. Dans le budget 2021-2022, le gouvernement du Québec ne se donne aucun nouvel outil pour renverser la tendance sur le plan climatique. « C’est un véritable rendez-vous manqué, se désole Bertrand Schepper, chercheur à l’IRIS. Le gouvernement Legault nous confirme que, pour lui, la protection de l’environnement n’est une priorité que lorsqu’elle ne coûte rien.»  

Du côté de la FTQ, on critique la persistance du gouvernement à verser des milliards dans le Fonds des générations. « Le ministre Girard aurait pu utiliser ces sommes pour proposer une relance plus ambitieuse, autant sur le plan économique, environnemental, social et de nos services publics. La crise a mis en lumière la fragilité de notre filet social et des failles de notre système de santé. Ces sommes devraient servir à financer les services publics et les programmes sociaux qui profiteront également aux générations futures!», explique le président de la FTQ, Daniel Boyer. 

Au chapitre de l’environnement, la FTQ est dans l’attente de plus détails. « Ce qu’on veut, ce sont des mesures concrètes pour une transition juste pour les travailleurs et travailleuses, notamment en formation de la main-d’œuvre. Les mesures de mobilité durable sont intéressantes, mais si le ministre veut s’engager dans une réelle transition écologique, il faut des investissements plus ambitieux et une planification sérieuse. Il est temps de se doter d’un véritable plan de lutte contre les changements climatiques qui met à contribution tous les acteurs sociaux et économiques», souligne le président de la FTQ, Daniel Boyer. 

Absence apparente de mesures pour attirer les travailleurs et les travailleuses dans le secteur public 

La FTQ se questionne sur la façon dont les montants prévus au secteur public seront investis. « À quand des mesures de rétention et d’attraction du personnel? À quand une amélioration des conditions d’exercices d’emploi et une meilleure rémunération des travailleuses et travailleurs? Ça doit être la priorité! Monsieur Legault, j’en profite pour vous rappeler qu’on attend toujours vos représentants à la table de négociation. Ce n’est pas parce que le ministre retarde l’atteinte de l’équilibre budgétaire qu’il doit retarder la signature des conventions collectives dans le secteur public», déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer. 

Le gouvernement mise par ailleurs sur des investissements dans des secteurs typiquement masculins pour stimuler la relance de l’économie. « Encore une fois, le gouvernement a omis d’avoir recours à l’Analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle (ADS+) pour élaborer son plan budgétaire. Il risque de continuer de creuser les inégalités entre les hommes et les femmes au chapitre de l’emploi », prévient Julia Posca, chercheuse à l’IRIS. 

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