Savoir se réinventer pour le deuil des familles: Stéphanie Laflamme, thanatologue

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Photo: Casadel Films

Fière Saguenéenne originaire d’Alma, Stéphanie Laflamme œuvre depuis maintenant huit ans comme thanatologue dans une entreprise qui possède des salons funéraires à Jonquière et à Chicoutimi.

C’est à la suite d’un retour aux études qu’elle a pris ce chemin professionnel, elle qui évoluait auparavant comme technicienne en santé animale.

La jeune mère de famille n’a jamais eu peur des nouveaux défis. «Je travaille principalement au laboratoire. C’est moi qui prépare les défunts pour qu’on puisse les présenter aux familles. On procède à des embaumements, mais on accompagne également les familles avec les fleurs, la préparation des salons, que ce soit urne ou cercueil. On touche à tout ! Moi, ce que j’aime, c’est le laboratoire, mais aussi les funérailles pour le côté humain. On doit avoir de l’empathie.»

Malgré le fait que son travail exige de nombreux déplacements, elle est fière de son métier et espère le pratiquer longtemps. Bien que son horaire soit régulier, les semaines de travail sont rythmées par le lot toujours variable des décès qui surviennent dans la région. Rien qui soit hors de portée de son équipe composée de quatre femmes thanatologues, un élément qu’elle ne manque pas de rappeler.

Photos: Emile Desroches

Pendant l’entretien, Stéphanie parle avec confiance de son métier et des défis qu’elle rencontre. Un domaine qui exige du doigté sur le plan technique pour redonner une prestance et des traits plus naturels aux défunts et aux défuntes, mais surtout une grande humanité face aux familles parfois éplorées qui ont besoin de réconfort et qui traversent un processus délicat de deuil.

«Les deuils sont difficiles. Les gens sont parfois colériques. On doit les accompagner davantage sur le plan humain et savoir être à l’écoute. On travaille avec la mort tous les jours. Il faut se rappeler qu’il y a des émotions dans cet univers. J’ai embaumé ma grand-mère – je l’ai fait – ça été un honneur. J’ai eu des émotions, bien entendu, mais au moment de l’exposition, mon deuil était fait.»

Stéphanie aime son métier et ça paraît. «On est des artistes d’une certaine façon. On maquille, on coiffe les cheveux, la base est la même, mais c’est toujours un défi. Parfois, il faut travailler très fort pour redonner le sourire; la bouche étant un élément particulièrement sensible aux yeux des proches. Mais on le fait toujours avec la même chose en tête, montrer que la personne est bien et qu’elle a l’air heureuse.»

Stéphanie est devenue déléguée syndicale pour améliorer les choses dans son milieu de travail et s’impliquer pour la condition féminine. Dans son métier, les femmes sont en très forte progression selon les dernières tendances observées dans les établissements d’enseignement. La science de la mort au féminin a donc encore de belles années devant elle!

Le Monde ouvrier tient à remercier les TUAC Canada d’avoir rendu possible cette capsule métier.