Métier : mécanicienne industrielle dans l’industrie forestière

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Véronique Prévost travaille comme mécanicienne industrielle chez Produits forestiers GreenFirst à La Sarre en Abitibi-Témiscamingue. L’usine de sciage GreenFirst reçoit des produits forestiers bruts et les transforme en planches de bois qui seront vendues sur le marché par la suite.

En tant que mécanicienne industrielle, Véronique doit veiller au bon fonctionnement de la machinerie, la réparer en cas de besoin ainsi que prévenir tout bris potentiel. Depuis son arrivée dans l’usine de sciage, elle dit entretenir des liens particuliers avec les machines : « Je les comprends, elles nous parlent chaque jour ». Un son ou une vibration est parfois suffisant pour mettre le doigt sur un problème.  

Une journée à l’usine peut s’étirer jusqu’à 12 heures de travail. Cependant, grâce à l’occupation constante et l’amour pour son emploi, ce n’est jamais long pour Véronique. De plus, les listes de tâches sont différentes d’un jour à l’autre, il n’y a pas de routine préétablie. C’est cette nouveauté quotidienne qu’elle apprécie beaucoup dans son emploi.  

La sécurité au travail 

La sécurité est d’une grande importance chez GreenFirst, et Véronique en est très reconnaissante. Le métier de mécanicien peut s’avérer dangereux si des mesures de sécurité ne sont pas prises au sérieux. Dans l’usine de sciage, la sécurité des employés et employées passe avant tout. Chaque travail mécanique requiert une fiche de cadenassage précise. Le cadenassage consiste principalement à s’assurer que l’énergie acheminée vers la machine lors d’un entretien ou d’une réparation est à zéro. Que ce soit par de l’énergie électrique, hydraulique ou pneumatique, il est important que la machine ne soit aucunement alimentée pour assurer la sécurité des mécaniciens. Une fois la machine cadenassée, les clés sont ensuite déposées dans une boite qui est verrouillée. 

La collaboration entre les mécaniciens de l’usine garantit également un niveau de sécurité supplémentaire. Le transport d’objets lourds nécessite un couplage de mécaniciens afin de permettre un environnement de travail sécuritaire. 

Un métier de défis 

Les défis sont ce que Véronique préfère. Elle ne sait jamais à quoi s’attendre en arrivant le matin : « Je peux autant faire de la réparation, de la soudure ou des ajustements, c’est vraiment au gré de la production ». Avoir une machine brisée et devoir la réparer pour qu’elle reprenne son fonctionnement habituel est ce qui motive grandement Véronique dans son travail. La réparation de machines fixes peut devenir un véritable casse-tête pour un mécanicien; la capacité de résolution de problème devient donc un atout indispensable et une source de grande fierté.  

Pour Véronique, il est primordial d’avoir une volonté de dépassement personnel pour être mécanicienne. Un désir d’apprentissage continu ainsi que le besoin de se surpasser sont une composante clé du métier. Sa passion pour la mécanique dépasse ses heures de travail : que ce soit pour sa voiture ou ses électroménagers, Véronique est toujours prête à relever des défis de réparation. 

Les défis se caractérisent aussi par des exigences physiques élevées. L’usine de sciage couvrant une grande superficie avec des machines réparties un peu partout sur le site, la marche devient un élément important au travail des mécaniciens. Véronique peut marcher de 10 à 15 kilomètres par jour! Aussi, les pièces de machines doivent souvent être remplacées, ce qui engendre un transport de matériel lourd pour les mécaniciens. Dans tous les cas, les implications physiques du métier ne sont pas à négliger. 

Comme dans beaucoup de métiers à dominance masculine, être une femme mécanicienne vient avec son lot de défis. Que ce soient des commentaires déplacés ou des comportements négligents, le sexisme et la misogynie se font encore ressentir dans certains milieux de travail. Malgré les embuches, Véronique reste une fière mécanicienne et se dit choyée de travailler dans un environnement juste et équitable envers tout le monde. 

L’industrie forestière a toujours été un des piliers du développement économique de la province. À notre époque, cette industrie est en perpétuels changements alors que la demande pour des produits durables monte en flèche. C’est grâce à des gens comme Véronique qui pratiquent des métiers non traditionnels avec autant de passion et de savoir-faire que l’industrie s’adaptera et perdurera aux quatre coins du Québec.