[LETTRE] Transformer nos lieux de travail en des endroits toxiques

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AIMTA -Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale

Les membres de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA) œuvrant dans le secteur manufacturier sont exposés quotidiennement à des matières dangereuses et à des contaminants. Plusieurs produits utilisés par ceux-ci lors des activités d’usinage, de traitement de composantes ou d’assemblage d’un bien sont dangereux pour la santé. La prévention des risques liés aux produits chimiques, en particulier la lutte contre les produits cancérigènes et néfastes pour la reproduction, est essentielle pour assurer la sécurité des membres œuvrant dans le secteur manufacturier.

En réduisant les exigences en matière de prévention et en n’obligeant plus les employeurs à divulguer la liste des matières dangereuses et des contaminants présents dans le lieu de travail, le projet de loi no 59 va exposer les travailleuses et les travailleurs à des risques que nous pourrions éviter.

Prenons l’exemple du chromate de strontium, couramment utilisé comme agent anticorrosion ainsi que de certains composés de chrome hexavalent, notamment utilisés dans la peinture des avions commerciaux. Classés cancérigènes pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), ces produits peuvent provoquer l’ulcération et la perforation de la cloison nasale ainsi que des cancers du poumon et des sinus.

Inodores, seule l’utilisation d’un instrument de mesure permet d’en identifier la présence et de quantifier leur concentration dans un lieu de travail. Sans accès à la liste des matières dangereuses et des contaminants, il sera difficile pour nos représentants en SST de confirmer la présence de ces produits dangereux et à quelle concentration ils se trouvent sur un lieu de travail. Cet enjeu est ni plus ni moins une question de vie ou de mort pour plusieurs membres.

Si le projet de loi no 59 est adopté, les travailleurs et les travailleuses devront s’en remettre à la bonne foi des employeurs pour les prévenir d’une exposition trop élevée au chromate et leur accorder une réparation si cette exposition leur occasionne une maladie professionnelle. C’est inacceptable.

Ça démontre toute l’absurdité de ce projet de loi.