L’ÉDITO: Négociations du secteur public, l’heure est à la mobilisation et à la solidarité !

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Les négociations dans le secteur public pour le renouvellement des conventions collectives pour les travailleuses et travailleurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux ont débuté à l’automne 2019 et les contrats de travail sont maintenant échus depuis mars 2020.

Au début de la pandémie, en mars dernier, la FTQ a répondu de façon positive à l’appel du premier ministre François Legault d’accélérer les discussions dans le but de conclure rapidement la négociation. 

Malheureusement, malgré nos appels pressants et notre bonne volonté, il ne se passe pratiquement rien du côté du Conseil du trésor. Pendant ce temps, les 55 000 travailleuses et travailleurs que nous représentons sont toujours au front, malgré la pandémie, la fatigue, la surcharge de travail, la maladie et les risques d’attraper la COVID-19 et d’infecter leur famille. Pourtant, nous avons déposé des demandes acceptables et raisonnables qui répondent aux objectifs du gouvernement tout en permettant de réduire les écarts importants avec les autres groupes de salariés en matière de rémunération.

Le premier ministre a récemment demandé aux Québécois et Québécoises « de faire preuve d’empathie et de compréhension à l’égard des travailleurs essentiels ». Faire preuve d’empathie et de compréhension c’est aussi offrir de bonnes conditions d’exercice d’emploi, de meilleurs salaires afin d’attirer et de maintenir en emploi les travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé, de l’éducation et des services sociaux. Malheureusement, à Québec c’est « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ».

Un appel à la mobilisation

Face au mur d’indifférence du gouvernement dans ces négociations, nous n’avons d’autres choix que de lancer un appel à la mobilisation. Les organisations syndicales impliquées dans cette négociation (SCFP-Québec, SQEES-298, SEPB, UES 800) ont élaboré un plan de mobilisation qui doit s’échelonner sur plusieurs semaines. Une tournée de consultations auprès des membres est en cours. Ce plan prévoit des rencontres régionales d’information avec des élus de la CAQ, des actions de perturbations ciblées, des semaines thématiques mettant en valeur le travail de nos membres, une mobilisation intersyndicale, ainsi qu’une campagne de visibilité et médiatique. En mesure ultime, les travailleuses et travailleurs seront invités à se prononcer sur l’intensifi-cation des moyens d’action concertés qui pourraient aller jusqu’à exercer le droit de grève. Cependant, compte tenu du contexte de la pandémie, le recours à la grève devra faire l’objet d’un vote distinct à être tenu lors d’une seconde tournée d’assemblées.

Cette lutte pour de meilleurs soins de santé, de meilleurs services d’éducation, de meilleurs services sociaux n’est pas seulement la bataille des travailleuses et travailleurs que nous représentons; c’est aussi celle de toute la population, pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses du Québec, et pour l’avenir et la qualité de nos services. C’est un appel à la solidarité que nous lançons : solidaires de nos consœurs et confrères de la santé, de l’éducation et des services sociaux. Le temps n’est plus aux discours, mais à une véritable reconnaissance. Ce message, le gouvernement doit l’entendre une fois pour toutes. La pérennité de nos services publics est en jeu.