Budget fédéral : Un pied dans la pandémie, un pied dans la prochaine élection

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La Chambre des communes du Canada.
La Chambre des communes du Canada. Crédit photo Wangkun Jia

Dans un budget à forte saveur électorale, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a pesé sur l’accélérateur des dépenses. Le document budgétaire intitulé Une relance axée sur les emplois, la croissance et la résilience veut faire le pont entre la fin de la pandémie et la relance à venir. Pour son premier budget, la ministre des Finances Chrystia Freeland a choisi d’injecter plus de 100 milliards de dollars pour les trois prochaines années.

Un programme fédéral de garderie

La création d’un programme fédéral de garderie est assurément la plus grande annonce de ce budget. Pour le Québec, une entente asymétrique permettra à Québec, après une entente, d’obtenir des sommes pour son propre programme. Pour la FTQ, cette annonce représente une bonne nouvelle. « Le Québec gère son propre service de garde depuis 1997. Grâce à ce dernier, des dizaines de milliers de travailleuses ont pu retourner sur le marché du travail et contribuer au développement économique du Québec. Il est heureux qu’Ottawa prévoie un droit de retrait avec compensation. Ces sommes, nous l’espérons, serviront à parachever le réseau des CPE », a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Un salaire minimum de 15 $ l’heure

D’entrée de jeu, il faut rappeler que l’annonce d’un salaire minimum à 15 $ l’heure ne touche que les emplois sous juridiction fédérale, et très peu de ces emplois sont actuellement sous la barre de 15 $ l’heure. Cette annonce envoie un signal clair au Québec qu’il doit bouger, comme le réclame la FTQ depuis de nombreuses années. « Il faut permettre aux familles de vivre dignement, de sortir du cycle de la pauvreté. C’est aussi un moyen de lutter contre les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs », de poursuivre Denis Bolduc.

Lutte contre la violence fondée sur le genre

La pandémie de la COVID-19 a aussi révélé une épidémie de féminicides et de violences conjugales. Le gouvernement fédéral propose des sommes de 200 M$ pour venir en aide aux organismes communautaires qui luttent contre la violence fondée sur le genre. 28,4 M$ iront à la protection des enfants et des familles pendant le divorce ou la séparation des parents, et 50 M$ à l’Agence de la santé publique pour des plans d’intervention dans des familles violentes.

Des sommes importantes pour la relance verte

Ottawa investira 17,6 G$ sur 6 ans pour la relance verte. Les cibles de réductions de gaz à effet de serre passeront, quant à elle, à 36 % d’ici 2030. Pour l’IRIS, « le problème, comme c’est souvent le cas avec l’approche du gouvernement libéral en environnement, n’est pas tant ce qu’il fait, mais ce qu’il ne fait pas, soit contraindre les industries les plus polluantes et pénaliser certaines pratiques nocives pour l’environnement. »  La FTQ demande que de véritables mécanismes soient mis en place avec des indicateurs de suivis et un financement adéquat pour soutenir la démarche.

Une bonification de l’assurance-emploi

Avec son annonce de faire de poursuivre les changements temporaires d’accès à l’assurance-emploi à 420 heures assurables ou à 14 semaines minimum, le gouvernement répond positivement aux revendications du mouvement syndical.

Transfert en santé et assurance-médicaments : les grands absents

Les gouvernements provinciaux plaident depuis longtemps pour un rehaussement du transfert canadien en matière de santé (TCS) de 22 % à 35 %, soit une augmentation de 28 milliards de dollars au cours du prochain exercice financier. Le premier budget Freeland ne vient pas répondre positivement à leurs attentes.

De plus, dans ce budget, le gouvernent Trudeau semble avoir abandonné sa promesse de mettre en place un régime pancanadien d’assurance-médicaments. « Le gouvernement rate une occasion de mettre en place un véritable régime d’assurance-médicaments public et universel tel que promis dans le budget 2019. Aussi la FTQ déplore que le gouvernement fédéral n’ait pas bonifié le transfert canadien en matière de santé comme le réclame Québec depuis de nombreuses années », conclut le secrétaire général, Denis Bolduc.

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