Télétravail et transition juste: l’importance d’inclure les travailleurs et travailleuses pour implanter des mesures écologiques

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Syndicalistes à la manifestation pour la justice climatique à la COP27. Crédit photo Sami Dellah

Dans le contexte du développement durable, les acteurs sociaux réalisent graduellement leur rôle dans l’écologisation de l’économie et du marché du travail. Tandis que les employeur∙e∙s implantent de plus en plus de mesures institutionnelles pour lutter contre les changements climatiques, l’anxiété des travailleurs et travailleuses grimpe. Toutes ces transformations auront (et ont déjà) un énorme impact sur elleux, tant sur leur sécurité d’emploi que sur leurs conditions de travail. Et pourtant, iels sont exclues du dialogue sur la transition.

Dans certains secteurs d’emploi, notamment dans la fonction publique et parapublique, le lien entre la transition écologique et les conditions de travail est moins apparent que dans le milieu énergétique. Au Canada, on peut prendre l’exemple des politiques de télétravail pour éclairer ce lien. Depuis le début de la crise sanitaire, un nombre grandissant d’employeurs travaillent à l’élaboration ou l’amélioration de ces politiques. Bien que l’implantation de conditions de travail à distance soit un processus indispensable, il est primordial de réfléchir cette mesure dans une perspective environnementale et juste. Ce virage virtuel est généralement légitimé par la baisse des émissions de gaz à effets de serre qui accompagne la réduction des déplacements sur les lieux du travail. Il transforme aussi considérablement les conditions des travailleurs et les problématiques vécues par les salariés, tout en réduisant la responsabilité de l’employeur en santé-sécurité. On peut penser, entre autres, aux situations de violences conjugales.

En effet, la transition écologique exige un ensemble de politiques économiques et institutionnelles pour encadrer la réalisation d’une transition juste, qui créer des perspectives d’emploi décent pour toutes les travailleuses et les travailleurs. Pour ce faire, les décisions doivent nécessairement être concertées pour éviter qu’elles ne se limitent aux seules justifications environnementales ou budgétaires.

Les demandes des syndicats sont claires : le dialogue doit être tripartite (État, employeur et travailleurs) et il doit être tenu dans chaque secteur d’emploi. En Argentine, les éléments de la Confédération générale du travail (CGT) et le syndicat international des services publics (ISP) travaillent déjà à intégrer des comités « environnement et transition juste » à leurs structures. Ce travail participe à la reconnaissance de l’expertise propre aux travailleurs à l’échelle sectorielle dans l’évaluation des moyens pour assurer leur sécurité d’emploi pendant la transition écologique. De plus, leur inclusion dans le dialogue favorise nécessairement leur adhésion à cette dernière, puisque leur exclusion représente une menace pour leurs conditions de travail.

Sol Klas, Syndicat international des services publics (ISP) Argentine. Crédit photo: Sami Dellah

Depuis maintenant deux élections, le gouvernement Trudeau nous promet une législation pour assurer la transition juste au Canada. La promesse se maintient, mais rien ne bouge. Lors d’un événement sur les avantages sociaux d’une transition juste, le 8 novembre, le ministre de l’Environnement Steven Guilbault réitérait l’importance de cette législation pour encadrer le processus, mais à l’heure actuelle, le marché libre dicte la transition et les belles paroles s’envolent. Néanmoins, les représentant∙e∙s des syndicats canadiens ont eu une rencontre très constructive peu après, avec l’ambassadrice des changements climatiques Catherine Stewart. Iels ont été en mesure de spécifier et clarifier le langage à utiliser dans la rédaction d’une déclaration ou législation potentielle.

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