Droits, dignes et solidaires jusqu’au bout

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La grande marche de l’énergie des syndiqués de l’Aluminerie de Bécancourt (ABI). Photo: Eric Demers

Le lockout à l’aluminerie de Bécancour a pris fin le 2 juillet dernier lorsque les travailleurs et travailleuses réunis en assemblée générale ont accepté dans une proportion de 79,77 % la dernière proposition de l’employeur pour un contrat de 6 ans.

« Je suis fier de la lutte qu’ont menée les travailleurs et travailleuses pour préserver des emplois, des principes de base comme l’ancienneté et leurs conditions de travail, avec l’appui de plus de 500 organisations syndicales à travers le Québec, et même du Canada et des États-Unis », a expliqué le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse, qui a annoncé du même souffle sa démission.

L’exécutif syndical a déploré l’entêtement de la compagnie à rejeter du revers de la main toute négociation constructive. Le retour au travail s’est amorcé à la fin juillet, mais il faudra attendre jusqu’au milieu de l’hiver avant que l’ensemble des syndiqués reprennent le travail.

Plusieurs facteurs ont contribué à prolonger ce lockout de 18 mois : les faibles prix de l’aluminium, les tarifs américains et, surtout, le contrat d’hydroélectricité, dans lequel il est indiqué qu’un lockout est un cas de force majeure. Cela a permis à ABI d’éviter de payer pour l’ensemble du bloc d’électricité qui lui est réservé.

 « Si Alcoa et Rio Tinto avaient dû payer pour tout le bloc d’électricité, ce conflit n’aurait certainement pas duré aussi longtemps. Le rôle joué par le premier ministre François Legault est aussi désolant. Alors qu’il a promis son appui en campagne électorale, ses déclarations des derniers mois ont conforté la compagnie dans son refus de négocier. Il a sur la conscience des pertes de bons emplois dans la région », a souligné le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

L’adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, a insisté sur l’extraordinaire solidarité dont ont fait preuve des syndiqués de partout au Québec. « On ne peut pas gagner toutes les batailles, mais on perd certainement celles qu’on ne mène pas. Dans ce cas-ci, les syndiqués d’ABI peuvent avoir la tête haute, ils se sont bien battus. Le résultat n’est pas ce qu’ils auraient souhaité, mais il est mieux que ce que l’employeur a plus tôt tenté de leur rentrer dans la gorge. Les employeurs vont y penser deux fois avant de décréter un lockout et de se priver de revenus », a-t-il fait valoir.