COP 26 – Au jour le jour, 8 novembre 2021

0
74

Du 7 au 10 novembre se déroule, en parallèle de la COP26, le Sommet des peuples à Glasgow. Ce sommet est un lieu de convergence de différents groupes d’équité partageant leurs perspectives sur la lutte contre les changements climatiques. C’est dans le cadre de ce sommet que la FTQ participait aujourd’hui à un panel syndical organisé par la Confédération générale du Travail (CGT). L’événement était une suite du Forum syndical international sur les transitions écologiques et sociales qui a eu lieu en juin dernier et qui a rassemblé, pendant 6 jours, plus de 140 organisations provenant d’une soixantaine de pays.

Réunis aujourd’hui à Glasgow et en mode virtuel pour certains, cette session a permis aux panellistes de partager leurs observations quant à la transition juste et à la situation vécue par les travailleurs et travailleuses de leur pays dans cette crise sociale et environnementale.

Pour Seok Kim, directeur de police chargé de la politique industrielle et de la crise climatique à la Confédération coréenne des syndicats (KCTU, Corée du Sud), c’est le système capitaliste qui est en crise. Si le mouvement ouvrier ne réussit pas à transformer le système actuel qui exploite les travailleurs et les travailleuses, rien ne s’améliorera dans une économie verte. Pour M. Kim, il faut consolider les efforts syndicaux et faire pression pour que cette transition ne se fasse pas sur le dos des travailleurs et travailleuses et des communautés. Il explique qu’il est difficile pour le mouvement syndical coréen de se faire entendre puisque les médias et les industries les censurent. « Nous vivons une crise climatique, mais nous vivons aussi et depuis trop longtemps une crise du travail. Le système économique dans lequel nous vivons place le profit des riches devant la dignité humaine. C’est seulement en abordant la question du travail décent que nous réussirons à réellement faire face à la crise climatique. »

Du côté de l’Inde, Gautam Mody, secrétaire général de la New Trade Union Initiative (NTUI, Inde), a partagé son inquiétude quant aux solutions qui seront proposées à la COP26 alors que la Conférence reproduit les iniquités systémiques qu’ont causé les crises environnementales et sociales. « Les pays ne sont pas tous égaux à cette COP. Il est difficile pour les organisations de nos pays d’obtenir des accréditations en raison de la distribution inéquitable et discriminatoire des vaccins contre la Covid. ».  À ce sujet, Elimane Diouf, secrétaire général de la Confédération syndicale autonome du Sénégal (CSA, Sénégal) a renchéri en insistant sur la situation dramatique dans laquelle la crise sanitaire et climatique avait laissé les pays africains. « Les menaces qui pèsent sur l’Afrique sont particulièrement inquiétantes. Les experts le disent, on comptera 130 millions d’Africains et d’Africaines dans la pauvreté d’ici 2030 et 200 millions d’immigrés climatiques d’ici 2050. Les pays industrialisés doivent verser leur part pour permettre aux pays africains de relever leurs ambitions climatiques drastiquement! »

Pour sa part, Patrick Rondeau, conseiller de la FTQ, a partagé le travail amorcé par la centrale, à sa sortie de la COP21, dans les industries polluantes. « Il est clair que les travailleurs et travailleuses ont peur de tout perdre quand on leur parle de transition. Il faut se mettre à leur place ! S’ils et elles avaient des solutions à leur portée, ce serait autrement ». Une des solutions proposées par la FTQ est d’abord de reconnaitre l’expertise des salariés et de les entendre sur les modifications à faire dans leurs entreprises. « Par exemple, dans une cimenterie que nous avons visité, les travailleurs consultés connaissaient déjà les endroits où agir pour réduire les GES. Ils sont arrivés aux mêmes conclusions que celles des consultants experts. Mais pour que les changements ne se fassent pas à leur détriment, il ne faut pas se limiter qu’à l’entreprise mais penser à une suite qui ne les laissera pas en plan. Par exemple, les compétences requises dans l’industrie pétrolière se rapprochent de celles en géothermie. Il faut donc penser à une solution pour chaque emploi qui sera perdu ou transformé. »

Les délégués ont participé à plusieurs autres activités dans le cadre du Sommet, notamment à une session de travail sur la transition juste et les stratégies néolibérales et à une table de discussion sur les défis de la classe ouvrière face aux changements climatiques.

De plus, un des délégués FTQ s’est intéressé au développement d’une application sur les parcours de formation pour la qualification des travailleurs et travailleuses vers des emplois verts. Un suivi sera fait auprès des syndicats de la délégation pour explorer le potentiel du projet dans les milieux de travail québécois.

La délégation a rencontré, en fin de journée, Émilise Lessard-Mercier, députée de Québec solidaire, pour discuter des revendications de la FTQ pour une transition juste au Québec.

La délégation de la FTQ à Glasgow est composée du secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc, ainsi que plusieurs membres des syndicats affiliés de la FTQ, dont le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB), le Syndicat des Métallos et le Syndicat des travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here